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CINÉMAS DE PROXIMITÉ

©Muriel JOLY

Qui n’a jamais mimé une scène culte de film ? Qui n’a pas secrètement rêvé de la talentueuse tête d’affiche ? Ou encore mieux : qui n’a pas un jour voulu les pouvoirs du super-héros ? Qu’elles soient romantiques, fantastiques, machiavéliques ou de toutes autres sortes, les projections du 7ème art nous transportent dans des mondes bien différents des univers que nous vivons habituellement.

S’évader… rire… pleurer… chanter… frémir… sursauter… en 1h30, nous pouvons faire le tour du monde comme le tour de nos émotions.
Oui. C’est tout ça le cinéma. La liberté d’interpréter les scènes comme bon nous semble. De ressentir ce que nous voulons. Libre à chacun de fermer les yeux quand le couteau tranche la gorge ou d’avaler du pop-corn en riant du jet d’hémoglobines. Ou encore, soupirer de plaisir lorsque l’héroïne embrasse fougueusement celui qui se jette à ses pieds ou trouver la scène sordide.
ON S’EN FICHE ! Le cinéma fait son job. Il nous transporte. Il nous apporte. Il nous divertit. Il nous séduit. Il nous ébranle et provoque même des débats.

SALLES SOUS HAUTE PROJECTION

Vingt ans que je n’avais pas mis les pieds dans un cinéma de proximité, notamment celui-ci, à La Réole. Plus j’avance dans le couloir, plus je remonte dans mes souvenirs. L’émotion me gagne. Je me revois au dernier rang, m’empiffrant de sucreries, assise entre ma mère et d’autres enfants. Le Disney projeté fait hurler les rires et couler les larmes. La magie opère. Avant le film nous étions fillettes, au rideau tombé nous étions princesses. Nos fauteuils devenaient trônes et les boutons de nos manteaux se transformaient en diamants. Un serre-tête pour couronne et des bottes pour escarpins, c’est le port altier que nous quittions le royaume, ne retournant à la réalité que bien des heures après…

L’ECRAN RÉOLAIS EN CHIFFRES

  • 13 administrateurs (présidente : Soledad Mazouz)
  • 4 salariés (1 directrice, 2 projectionnistes et 1 personne à l’entretien)
  • Une trentaine de bénévoles
  • 18 séances par semaine
  • 18 000 à 20 000 entrées par an (Source l’Ecran Réolais)

Penser que seuls les ‘multitrucs’ et les ‘mégamachins’ projettent des nouveautés est une erreur. S’il est vrai que les multiplexes offrent un large choix d’affiches, le cinéma de proximité n’a pas à rougir de ses diffusions. Souvent doté d’une seule salle, la personne en charge de la programmation doit avoir le nez fin pour décider quels films seront retenus au détriment de quels autres.
Si l’on peut se fier aux précédents classements du box-office de tel réalisateur, tel acteur ou telle production, pour certains films le choix peut s’avérer bien plus compliqué.
Un complexe ne souffrira que de peu si l’une des projections n’attire pas la foule, tandis qu’il en coûtera plus cher à un cinéma de proximité puisqu’il devra assumer une diffusion qui ne fait pas d’entrées et monopolise la seule salle qu’il a.
C’est pourquoi il est impératif de confier les commandes d’un cinéma à une personne dont le 7ème art n’a plus de secret pour elle. C’est le cas à La Réole.

Cathy Géry, une directrice passionnée

©Muriel JOLY

Créé en 1949 et privé jusqu’en 1989, le cinéma REX est géré depuis cette date par l’association L’ECRAN REOLAIS. A la question ‘ Depuis quand vous intéressez-vous au cinéma? ’, Cathy Géry répond sans aucune hésitation : depuis toujours !
Après plusieurs années de bénévolat, au sein de l’association et à la co-présidence de 2003 à 2008, Cathy est salariée depuis sept ans.
D’abord chargée de mission, c’est tout naturellement que le poste de direction lui est confié en 2013.
Si cette passionnée a une préférence pour le cinéma français et ses réalisateurs de la Nouvelle Vague tels que François Truffaut, Eric Rohmer, Claude Chabrol entre autre, elle n’en aime pas moins les réalisations internationales, avec notamment une fascination pour Stanley Kubrick.
Vous l’aurez compris, Cathy ne fait pas simplement son travail, elle l’aime et connait bien le sujet.
Entre Bordeaux et Paris pour des missions associatives, elle trouve le temps de couvrir quelques festivals comme Gindou, Auch, Cannes,… Que rapporte-t-elle de ces déplacements ? Des idées de projections, des projets de développement et la garantie de rester dans le coup.

‘Sans les bénévoles très actifs, sans les subventions de l’intercommunalité, du département et de la région, sans l’aide de la municipalité et le mécénat, le cinéma ne
serait plus. C’est un combat au quotidien. Si nous avons atteint les 20 000 entrées, c’est aussi parce que nous dynamisons l’espace, par des conférences, des soirées à thèmes, des animations jeunes publics, des rencontres… Ces actions sont notre force, à nous, les « petits ». Le réolais en Sud Gironde est riche d’une volonté d’échange culturel. Plusieurs structures et associations locales permettent la création d’évènements et ainsi contribuent au maintien de notre cinéma. Mais pour organiser tout ça, il faut bouger !
D’autre part, nous faisons partie du réseau de l’ACPG (même chose mais pour la Gironde) et par conséquent de l’ACPA (Association des cinémas de proximité en Aquitaine). Ces affiliations permettent de coordonner nos actions et nous valoriser les uns les autres. Les choses ne tombent pas toutes seules. Notre objectif est de progresser encore et toujours ; s’unir est une excellente solution. Affilié également à AFCAE (Association Française des Cinémas d’Art et d’Essai), notre cinéma REX à La Réole est aussi pourvu de deux labels : « Jeune public » et « Patrimoine et répertoire ».’

Un parrain du cru pour le cinéma Rex



Né à Bordeaux le 13 mai 1928, c’est à La Réole qu’il a passé son enfance. Le réalisateur d’Oscar, Mon oncle Benjamin, La cage aux folles et tant d’autres films, n’a pas hésité un seul instant quand l’Ecran réolais lui a demandé d’être leur parrain. Cathy Géry se souvient parfaitement de cette rencontre et la décrit comme un des moments les plus forts de sa carrière.




‘Nous voulions organiser un weekend ‘rencontres’ avec Edouard Molinaro. Afin de préparer l’évènement, il m’a invité chez lui, à Paris. En plus d’être talentueux et généreux, cet homme est d’une simplicité extraordinaire. Durant deux jours, il a répondu à la multitude de questions qui lui étaient posées, il a fait des dédicaces et il s’est prêté au jeu des photos. Edouard Molinaro nous a permis de mieux comprendre le monde du film. Nous sommes très fiers d’avoir un parrain d’une telle envergure.’

Histoire courte de longs-métrages

Plein soleil pour ce 15 août. Jules et Jim m’accompagnent pour La grande vadrouille. Nous aurions pu rester au bord de La piscine chez Mon oncle et savourer le Buffet froid mais le Coup de torchon que La chienne vient de prendre, montre Le mépris que ce dernier a pour mon animal. J’ai pas envie de supporter ça. Pour moi, les bêtes sont Intouchables. Et Le Petit Nicolas qui en rajoute une couche. RRRrrrr!!! Si plus longtemps je reste là, L’été meurtrier sera…

Je rejoins les Deux frères qui m’attendent dans le Taxi. Le chauffeur n’a pas la Pédale douce et nous arrivons au lac en moins de deux. Je viens ici depuis toujours. Mes amis et moi y avons fait Les 400 coups. Des feux de camps aux nuitées chics en Tenue de soirée, nous avons tout fait, même l’Amour. Je me souviens et je souris… LOL

Il fait chaud. Je Marche à l’ombre sur Le grand chemin. Devant nous, avancent Trois hommes, et un couffin porté par une fillette. La môme se retourne , me montre sa poupée et me dit qu’elle a La peau douce avant d’éclater de rire. Cette gamine, ce rire… ont comme Un air de famille… Elle se tourne à nouveau et De battre mon cœur s’’est arrêté. Je sais.

C’était il y a deux ans, sur La jetée. La petite jouait à la poupée près de son père, Le grand blond avec une chaussure noire. Je me souviens car nous avions échangé quelques mots sur Le jouet qu’elle chérissait tant. C’est à cet instant qu’il m’a regardé. L’inconnu du lac avait sourit à sa fille avant de s’approcher de moi. J’étais A bout de souffle. Mon cœur battait La chamade. Il allait me dire Les jolies choses que j’attendais, j’en étais certaine. C’est alors qu’il se pencha et me chuchota :
– Vous aimez La cuisine au beurre ?
D’abord interloquée, j’avais fini par répondre oui. Le grand restaurant était à deux pas. Nous nous sommes attablés, nous avons rigolé et… j’ai payé L’additionL’avare !

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