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FESTIVAL PHOTO

Pour Mélanie, tout commence mercredi après-midi. Une vitrine à défaire puis refaire… quelques heures de boulot pour un studio en déco.
“L’Échoppe”, “Le Petit Montmartre” et “Au Fil des Mots” sont les trois commerces qui se prêtent au jeu et mettent leurs espaces à disposition pour cette manifestation.

Plus de cinquante photographes sélectionnés régalent nos mirettes de leurs œuvres et investissent des lieux aussi somptueux que chargés d’histoire.
Le Prieuré, l’ancien Hôtel de ville, la prison et la manufacture ouvrent leurs portes et s’habillent de couleurs ou de noir et blanc, de femmes et d’hommes, de matières et d’abstrait.

Monuments et talents

Jeudi après-midi. Rendez-vous avec Silvia, l’organisatrice de l’événement. Le temps est frais mais beau. Paraît-il qu’il en sera ainsi tout le weekend-end. C’est une chance ! Nous déambulerons dans les rues réolaises sous le soleil… En attendant, c’est au 1er étage de l’ancien Hôtel de ville que je rejoins Silvia, qui me présente Françoise Perron, responsable de l’expo “Vivian MAIER”.

La salle est magnifique ! L’histoire me rattrape et ce lieu majestueux offert par l’homme au cœur de lion réchauffe le mien…

Françoise Perron

J’avale goulûment chaque mot qu’elle prononce. Cette femme est une passionnée ! Il n’y a qu’à l’écouter pour comprendre le respect et l’admiration qu’elle a pour Vivian MAIER. Quant à l’artiste, photographe de rue du 20° siècle, méconnue de son vivant, je ne peux que laisser parler mes tripes.
J’aime la photo comme bien des gens, et si chacun a ses préférences. les miennes vont aux scènes de vie. Je suis captivée par l’histoire de cette femme. Si nos yeux se posent aujourd’hui sur ses photographies, c’est grâce à John Maloof qui depuis 2007 travaille à la mise en lumière de cette étoile.

Vivian MAIER a fait de parfaits inconnus, des reflets poignants de la vie des rues.

Manufacture… non, lieu de culture !

Vendredi matin 11h. La manufacture est une belle et grande structure. Les cadres tapissent les murs, d’autres sont au sol, en attente du placement de l’artiste. Les préparatifs touchent à leur fin et je n’ai qu’une hâte, poser mes yeux sur chaque oeuvre et parler aux façonneurs de bonheur.

La simplicité et la gentillesse des artistes rencontrés me font oublier le froid. Je reste plus d’une heure à les écouter, les regarder et échanger avec eux. De vrais moments de vie, ça n’a pas de prix.

Samedi 7 mars

Direction le Prieuré. J’ai rendez-vous avec Xavier Blondeau qui donne un cours d’initiation à la photo de studio. Le portrait est à l’honneur et la bonne humeur bien présente. Deux trois clichés et je ne les dérange pas plus. Les élèves sont concentrés et je ne veux pas perturber le cours.

17h30. Le vernissage a lieu à l’ancien Hôtel de Ville. La salle est bondée. L’ouverture du festival est un succès. Je me pose un instant et écoute les gens. Les murmures caressent les enfants figés au mur, les sourires enveloppent de tendres clichés et les débats s’ouvrent face à d’autres portraits.

Voir ces visages heureux scruter les images et les yeux courir les lignes de l’histoire de  Vivian MAIER, ça fait du bien.

Je réalise à l’instant l’ironie du parcours. Je quitte la salle d’expo de Vivian MAIER, femme libre et itinérante, pour gagner la prison, ou ancienne prison, devrais-je dire. Car elle est depuis longtemps vidée de vies humaines et depuis peu investie pour des manifestations culturelles.

C’est la deuxième fois que je pénètre en ce lieu et je dois dire que le même frisson m’envahit. Je ne peux occulter le passé et chaque cellule, chaque pas sur le sol me fait penser aux fers de cet enfer.
J’entre dans la première pièce à gauche. Je suis scotchée ! Le portrait est magnifique certes, mais c’est la mise en scène qui me bouleverse. Voyez-vous ce que je vois ?

C’est l’histoire d’une femme face au mur. Sa vie a été mise à nu et les pierres embrument sa vue. Vont-ils la sauver ? Tombent-ils du ciel pour ouvrir les barreaux ?  Non, je ne pense pas. Voyez les ombres, elles reflètent les menottes…

 

Ma sensibilité naturellement élevée est à son comble. Je poursuis mon chemin et fais quelques photos générales avant de replonger dans l’émotion d’une cellule. Je ne peux me défaire du contraste existant. Un lieu si hostile et pourtant si beau… Les photographies sont subtiles, humoristiques, sensuelles… Là encore, un deuxième tour s’impose.


19h30. J’arrive à la manufacture. Les lumières du soir font de cet endroit un nouveau paysage.

C’est magnifique… je parcours les salles une première fois avant de refaire le chemin de façon plus paisible. Je croise des sourires, je bise des joues familières, je suis témoin et actrice de scènes de vie des plus sociables et agréables.


Les artistes sont sollicités, ils parlent de leurs œuvres avec leur cœur. Si certains s’expriment timidement, d’autres plus volubiles enflamment l’assemblée.
J’aimerai tant passer un long moment avec chacun d’entre eux. Les écouter me raconter leurs tableaux et mettre des mots sur chaque photo. Mais ce n’est pas possible. Le temps me manque. J’ai pris des photos de quelques artistes, j’ai discuté avec certains d’entre eux mais je ne pourrai pas tous les rencontrer. J’ai décidé de ne pas écrire sur les quelques-uns qui ont gentiment répondu à mes questions. Veuillez m’en excuser mais je pense que vous comprendrez que je ne peux vous mettre en lumière sans avoir pu citer chacun d’entre vous. Vous êtes tous formidables et bourré de talent !

Tout. Tout est à voir et revoir. Marcher, s’arrêter, regarder, s’en imprégner, revenir et tenter de découvrir le mystère de l’abstrait ou même pleurer devant une femme noyée.
Peu importe comment vous le vivrez. Cette visite ne vous laissera pas de marbre. La beauté est partout et je ne peux que remercier l’initiatrice de cette manifestation. Merci Silvia J’ai vécu un weekend de bonheur, de joie et d’émotions.
Quant à vous, photographes talentueux, que vos clichés soient subjectifs, qu’ils choquent ou dérangent, qu’ils soient fluides ou floutés, tous m’ont embarqué dans un autre monde : celui de l’art, de la beauté et de l’imaginaire. Un grand bol d’air en ces temps compliqués.

Chers lecteurs,
Vous qui n’avez pas encore franchi la porte de l’évasion, poussez celle de la prison et autres monuments. De forts moments vous y attendent et votre cœur ne peut que s’emballer devant ces superbes clichés.

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